Il n’est pas rare d’entendre parler d’une certaine défiance entre d’une part des étudiants peinant à trouver un emploi à la sortie de leurs études et d’autre part des entreprises qui ont des difficultés à trouver les profils recherchés. Pourtant, dans le contexte actuel de fort chômage des moins de 25 ans, l’insertion des jeunes issus de l’enseignement supérieur sur le marché du travail est un enjeu majeur.
En 2011, Jeunesse et Entreprises s'est intéressé à l'allongement de la recherche d'emploi chez les jeunes. Avec le concours actifs de ses clubs régionaux et de ses experts, AJE a donc mené une enquête, avec SCP Communication, auprès des jeunes par le biais d'entretiens collectifs afin d'identifier efficacement leurs besoins et leurs attentes puis de les confronter aux réalités du monde professionnel.
L'alternance et l'apprentissage vus par l'AJE

En 2010, plusieurs actions d'informations et de sensibilisations autour de l'alternance et de l'apprentissage ont été menées sur le terrain par l'AJE et son réseau de bénévoles et d'experts issus des milieux éducatif et professionnel.
A l'heure où le secrétariat d'Etat à l'emploi lance ses "ateliers de l'apprentissage", l'AJE opte elle aussi pour une vaste campagne de sensibilisation auprès des jeunes et des entreprises pour promouvoir les voies professionnelles de l'alternance et de l'apprentissage. Afin de répondre aux préoccuations du ministère de l'Economie, de l'Indsutrie et de l'Emploi, l'AJE a décidé de lancer une enquête dans le but de connaitre quelle était la représentation de divers publics vis-à-vis des voies professionnelles : alternance et apprentissage. Qu'ils soient dirigeants d'entreprises, lycéens ou étudiants, enseignants ou parents d'élèves, tous sont directement concernés par cette question.
Ces questionnaires leur permettront de mieux appréhender les filières professionnelles, les possiblités d'évolution et le cas échéant, les passerelles existantes. Par ailleurs l'enquête identifiera des leviers importants permettant d'agir sur cette représentation et d'enclencher des actions concrètes en lien avec les entreprises, en particuliers dans les métiers porteurs d'emploi.
Les résultats et propositions qui émaneront de ce sondage feront l'objet d'une restitution actée lors du colloque national d'AJE en octobre 2010
Lucides, 86 % des lycéens interrogés pensent qu’un métier porteur d’emploi est un métier qui offre des débouchés sans pour autant garantir la sécurité de l’emploi (46 %).
Toujours selon eux, les secteurs d’activité dans lesquels se trouvent ces métiers porteurs d’emploi sont par ordre décroissant : le BTP/Génie civil/Urbanisme (54%), les services à la personne (53%), Eaux/Déchets/Environnement (53%), Energie/Electricité (51%), Santé/Sciences Humaines (49%), Tourisme/Hôtellerie/Restauration (47%), Informatique (46%), Télécommunications (41%), Banque (39%), et Communication/Audiovisuel (36%). Le Service Public/Administration n’est plus perçu comme un domaine porteur d’emploi (seulement 19% des déclarants) et n’attire d’ailleurs plus les jeunes. Seuls 9% d’entre eux le considèrent comme un secteur d’intérêt.
Pour l’essentiel, les secteurs d’activités cités ci-dessus réservent des perspectives d’évolution plutôt favorables selon les entreprises, à l’exception notable de la communication et de l’audiovisuel qui devrait stagner.
Les secteurs porteurs d’emploi, voilà un point de définition sur lesquels tous les protagonistes s’accordent dans l’enquête. Pourtant, aucun de ces secteurs d’activité porteurs d’emploi ne remporte le suffrage des jeunes.A titre d’exemple, Eaux/Déchets/Environnement et BTP n’attireraient respectivement que 7% et 9% des lycéens interrogés. Le décalage entre les futurs besoins des entreprises -et donc de l’économie- et les souhaits exprimés par les jeunes est très important. Les attentes respectives s’expriment en miroir inversé.
Plus net encore, les équipements industriels, les établissements de formation, le matériel de transport ou les matériaux de construction, secteurs d’activités où les entreprises se montrent le plus optimistes, n’intéressent que 2% ou 1% des jeunes interrogés !
Lorsqu’on interroge les lycéens sur les secteurs d’activité vers lesquels ils seraient le moins tentés de s’orienter, arrivent en tête l’agriculture (24%), la chimie (10%), le BTP (7%), les services à la personne (6%) ou l’assurance (5%). Si les deux premiers secteurs devraient stagner selon les entreprises, les autres en revanche offrent des perspectives très favorables.
Les métiers porteurs d’emploi vers lesquels les jeunes seraient le plus tentés de s’orienter sont pratiquement exclus des grands secteurs de l’industrie traditionnelle. Arrivent en effet en tête ceux d’infirmier (34% des déclarants) puis ceux d’ingénieur (32%), de professeur/enseignant (20%) ou de commercial (19%).
Enfin, celui de chef d’entreprise pour 17% des jeunes. A noter par ailleurs le métier d’ouvrier qui affiche un taux de 14%.
Les entreprises de leur côté identifient déjà des fonctions en fort développement dans les 5 années à venir parmi lesquelles celles de commercial (36%), développement durable/environnement (32%), marketing et commerce international (23 %), administration/finances/comptabilité (19%) ou juridique (10%).
Finalement, les lycéens et les entreprises se retrouvent sur un seul point : la fonction commerciale, considérée par les premiers, va se développer significativement selon les seconds.
Pour 31% des entreprises interrogées, l’image d’un métier porteur d’emploi constitue un facteur clé dans le choix d’orientation des lycéens. Arrivent ensuite l’information (20%), les mauvaises conditions de travail (19%) et la rémunération (11%). Seules 4% pensent qu’il n’y a pas suffisamment de stages proposés dans les entreprises concernées. Mais pour les jeunes, c’est plutôt la rémunération qui arrive en tête des préoccupations (85%) suivie par l’intérêt pour le métier (77%) et les perspectives d’évolution (76%) puis les conditions de travail (76%).
Là encore, les points de vues divergent. Interrogés plus précisément, moins d’un 1 jeune sur deux (41%) se détournerait d’un métier porteur au prétexte que son image serait dévalorisante.
Qu’est-ce qui explique une désertion des lycéens vers les métiers porteurs, pour l’essentiel situés dans les secteurs de l’industrie, alors que dans le même temps ils déclarent à 68% que le choix d’un métier porteur d’emploi est primordial dans leur orientation et leur parcours professionnel ?Seul véritable dénominateur commun de l’enquête, entreprises et jeunes réclament plus d’information et de communication. Selon les jeunes, les stages (78%) et les forums (65%) sont essentiels pour accéder à la connaissance des métiers porteurs d’emploi. Les entreprises, quant à elle, placent la communication en tête de leurs suggestions (28%).
Ce qu'il faut retenir de cette enquête
Faire le métier qui me plaît plutôt qu’apprendre un métier de base semble être le mot d’ordre des jeunes… Dans ce contexte, comment favoriser la connaissance des métiers d’avenir et déclencher ainsi l’intérêt des jeunes vers les métiers porteurs d’emploi ?
Pour passer de la connaissance théorique à la pratique des métiers, Jeunesse et Entreprises compte multiplier les témoignages d’exemplarité et les actions de rapprochement entre entreprises, établissements scolaires et jeunes.
| La synthèse de l'enquête | |
| Les chiffres de l'enquête | |
| La plaquette "Un regard nouveau sur les métiers porteurs" | |
| Le livre bleu AJE |
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Cette enquête, menée de juin à août 2007, sur la base d’un questionnaire ouvert propre à chaque étape du parcours d’orientation du jeune, a suscité des propositions et témoignages de grande qualité. Elle a été dépouillée et analysée les Experts AJE, qui en ont réalisé une synthèse. |
A la demande de l’Association Jeunesse et Entreprises, Ipsos a réalisé du 8 au 17 juin 2006 une enquête miroir auprès d’étudiants et de jeunes actifs, afin d’évaluer la manière dont chacun percevait le monde du travail.
1 002 jeunes âgés de 16 à 26 ans ayant atteint un niveau d’étude égal ou supérieur à la classe de seconde ont été interrogés, dont 498 étudiants ou lycéens envisageant d’intégrer le marché du travail d’ici trois
ans maximum, et 504 jeunes actifs exerçant une activité professionnelle depuis trois ans ou moins.
La double enquête enseignants-entreprises a été menée au cours du premier semestre 2005 à l’aide de questionnaires voisins comportant une centaine de questions à choix multiple et de nombreuses questions
ouvertes.
Elle a recueilli 1500 réponses d’enseignants et 300 réponses d’entreprises.